Nos partis politiques sont ils fascisants ?

 En m'appuyant sur le commentaire précédent de "l'ur-facsisme", je propose la grille d'analyse suivante (totalement discutable, ça va de soit) :

On conserve 11 critères, orthogonaux (i.e. si on fait glisser le curseur sur le critère, ça n'influence pas les autres).

Je choisis de n'étudier que les six partis suivants :

  • LFI y compris M. Jean-Luc Mélenchon ;
  • Les verts, quelque soit leur appéllation ;
  • Le PS, toutes tendances confondues ;
  • Le centre, en intégrant les macronistes et les partis historiques ;
  • LR y compris les dissidents ;
  • RN, y compris l'héritage du FN.

Rien que là, on peut discuter. Passons.

Maintenant, passons les à la moulinette proposée par Umberto Ecco, modifiée par votre serviteur (voir ici):

Premier critère : le culte de la personnalité. Sans contexte, le culte du chef est pratiqué par LFI (M. Jean-Luc Mélenchon), les marcheurs du centre (M. Emmanuel Macron), le RN (la dynastie Le Pen). Pour les autres (le PS et LR), je ne vois pas de personnalité qui émerge à ce niveau là.

Second critère : Nationalisme et culte de l'action pour l'action : clairement, LFI et le RN. On notera notamment la revendication de la 6eme république et la demande de destitution du Président de la République.

Troisième critère : Le refus de la critique (notamment interne), le désaccord est trahison. Clairement, l'ensemble de nos partis (sauf exception) est sectaire, et l'opposition est quasiment toujours (à part parfois au PS) vécu comme une trahison. Le racisme et la peur de la différence semblent aussi bien partagé par LFI et le RN.

Quatrième critère : L'appel aux classes moyennes frustrées (crise économique, humiliation, peur du lumpenprolétariat) : soit tous, soit aucun, en mettant de côté l'effet "c'est Nicolas qui paie".

Cinquième critère : Nationalisme pour le lumpenprolétariat, d'où obsession du complot, xénophobie, antisémitisme : là je retrouve bien des discours de LFI, et le RN.

Sixième critère : Humiliation par la richesse ostentatoire et la force  de l'ennemi, incapacité de jauger de la force d'un adversaire : LFI, dans ses positions antisionistes.

Septième critère : Vie pour la lute, "Viva la muerte", Solution finale, Armageddon :
Pour moi, aucun, sauf les tenants "de la mer à la rivière" (merci Rima).

Huitième critère : L'élitisme. Le mépris pour les faibles, le besoin d'un dominateur (ça renvoi vers le 1er critère, le culte du chef, mais ce n'est pas pareil). J'y retrouve LFI, les macronistes, le RN, mais les autres ne sont, en fait, pas loin.

Neuvième critère : le machisme. Soyons clairs, tous nos partis politiques sont machistes. Et même quand, sous couvert d'une obligation légale de parité, seul le PC investie plus de femmes que d'hommes, le groupe à l'assemblée, de 17 personnes, compte 11 hommes pour six femmes.

Dixième critère : le populisme qualitatif, ériger un groupe comme "le peuple" sans le caractériser ni le définir. J'y retrouve LFI, les Vert, le RN.

Et, joker, utiliser la Novlangue ("Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu'ils ne puissent plus qu'exprimer que nos idées" (Goebbels, journal 1939-1942). Elle est pratiquée aussi bien par LFI, Le Verts, LR et le RN. Réapprenons la langue française, qui nous permet de façonner nos idées !

Relire Umberto Ecco et voir si c'est d'actualité

Il y a maintenant trente ans, Umberto Ecco a prononcé un discours à l'université de Columbia pour l'anniversaire des cinquante ans de la fin du fascisme en Italie.

Ce discours est en deux parties : la première est liée à l'histoire personnelle de Umberto Eco, qui ne découvrit le multipartisme et la liberté d'expression qu'en 1945.

La seconde partie est moins datée : quatorze critères pour reconnaitre le "Ur-Fascisme", le fascisme éternel.

Dans son discours, certains critères sont des conséquences. Effet rhétorique certain, mais d'un point de vue logique, discutables sauf à vouloir pondérer lesdits critères.

J'en retiens dix, les quatre autres n'étant que des conséquences, soit, importantes :

- Le culte de la tradition, avec comme conséquence le refus du modernisme ; 

- le nationalisme et le culte de l'action pour l'action ;

- l'absence de possibilité de critique : le désaccord est une trahison, avec pour conséquence le racisme et la peur de la différence ;

- un appel aux classes moyennes frustrées (crise économique, humiliations, peur du lumpenprolétariat) ;

- en même temps (!) nationalisme pour le lumpenprolétariat : théorie du complot, xénophobie, antisémitisme ; 

- humiliation par la richesse ostentatoire et la force de l'ennemi, d'où l'incapacité de jauger objectivement la force d'un adversaire ;

- la vie pour la lutte. Cf "Viva la muerte", la solution finale, Armageddon. Par conséquence : le culte du héros ;

- le machisme ;

- le populisme "qualitatif" : ériger le "peuple" un groupe, sans le constituer ;

- utiliser une "novlangue" : "Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu'ils ne puissent plus qu'exprimer que nos idées" (Goebbels, journal 1939-1942).

Ceci posé, qui ouvre à débat, essayons d'appliquer ces critères à nos partis politiques français : le résultat n'est pas vraiment étonnant, nous convient 'il ?

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