Amendement Mariani, la suite
"Article 5 bis
I. - L'article L. 111-6 du même code est complété par neuf alinéas ainsi rédigés :
« Le demandeur d'un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois, ou son représentant légal, ressortissant d'un pays dans lequel l'état civil présente des carences, qui souhaite rejoindre ou accompagner l'un de ses parents mentionné aux articles L. 411-1 et L. 411-2 ou ayant obtenu le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire, peut, en cas d'inexistence de l'acte de l'état civil, ou lorsqu'il a été informé par les agents diplomatiques ou consulaires de l'existence d'un doute sérieux sur l'authenticité de celui-ci, qui n'a pu être levé par la possession d'état telle que définie à l'article 311-1 du code civil, demander que l'identification du demandeur de visa par ses empreintes génétiques soit recherchée afin d'apporter un élément de preuve d'une filiation déclarée avec la mère du demandeur de visa. Le consentement des personnes dont l'identification est ainsi recherchée doit être préalablement et expressément recueilli. Une information appropriée quant à la portée et aux conséquences d'une telle mesure leur est délivrée.
« Les agents diplomatiques ou consulaires saisissent sans délai le tribunal de grande instance de Nantes, pour qu'il statue, après toutes investigations utiles et un débat contradictoire, sur la nécessité de faire procéder à une telle identification.
« Si le tribunal estime la mesure d'identification nécessaire, il désigne une personne chargée de la mettre en oeuvre parmi les personnes habilitées dans les conditions prévues au dernier alinéa.
« La décision du tribunal et, le cas échéant, les conclusions des analyses d'identification autorisées par celui-ci, sont communiquées aux agents diplomatiques ou consulaires. Ces analyses sont réalisées aux frais de l'État.
« Un décret en Conseil d'État, pris après avis du Comité consultatif national d'éthique, définit :
« 1° Les conditions de mise en oeuvre des mesures d'identification des personnes par leurs empreintes génétiques préalablement à une demande de visa ;
« 2° La liste des pays dans lesquels ces mesures sont mises en oeuvre, à titre expérimental ;
« 3° La durée de cette expérimentation, qui ne peut excéder dix-huit mois à compter de la publication de ce décret et qui s'achève au plus tard le 31 décembre 2009 ;
« 4° Les modalités d'habilitation des personnes autorisées à procéder à ces mesures. »
Pas de nouvelle d'une éventuelle saisine du Conseil Constitutionnel, pas vu de décret en Conseil d'Etat. Le Comité consultatif national d'éthique avait déjà rendu un avis défavorable à l'amendement initial et se réserve le droit de re donner un avis une foi le texte de loi stabilisé. Mais ça ne semble pas d'actualité sur son site.
Source pour le texte de loi : Sénat
Commission des lois du Sénat : désignation des candidats pour la CMP
Ordre du jour
1° Désignation des candidats pour faire partie de l'éventuelle commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile ;"
Je vous le recopie parceque cet agenda n'est pas linkable... C'est donc pas fini. Je ne suis pas à Paris mais qui peut y aller ? 15 rue de Vaugirard, prévoir une pièce d'identité...
Amendement Mariani introduisant la filiation ADN : ça continue !
Article 5 bis (nouveau) (art. L. 111-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; art. L. 226-28 du code pénal) Recours au test ADN pour prouver une filiation en cas de carence de l'état civil dans le cadre de la procédure de regroupement familial
- seul le demandeur pouvait avoir l'initiative du recours au test ADN ;
- le dispositif était mis en place à titre expérimental sous le contrôle d'une commission d'évaluation ;
- l'Etat prenait les frais des tests à sa charge en cas de délivrance du visa ;
- le recours à ces tests ne serait possible que pour le demandeur ressortissant d'un pays dans lequel l'état civil présente des carences et figurant sur une liste arrêtée par décret en Conseil d'Etat.
Non à l'amendement Mariani !
Pour en savoir plus :
- Le Manifeste pour le secret de l'ADN, qui sera remis demain 2/10 aux sénateurs, et qui est disponible sur le site du Collectif Sigismond
- La pétition via internet de "Sauvons la recherche" (plus de 27000 signatures entre le 17 et le 30/9)
- Un argumentaire familliale : Pourquoi il faut revenir sur l'amendement Mariani
- Le fameux article 111-6 paragraphe 5 bis en cause
- les discussions au sénat le 2/10
etc.
Manifeste pour le secret de l'ADN
A.D.N. et regroupement familial : Le Sénat ne doit pas voter cet amendement !
Dans "La vie est un songe" de Calderón, Sigismond établit « (qu’)une scélérate loi n’est pas
l’alibi du crime : la révolte est légitime, c’est la morale et le droit ».
L’amendement Mariani au projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, de l’intégration et de l’asile, rendant possible la pratique de tests ADN dans le traitement de dossiers de regroupement familial, tendrait à rendre ladite loi «scélérate». Aussi, maintenant qu’elle a été adoptée dans la nuit du 19 au 20 septembre par une poignée de députés, nous, citoyens réunis en le Collectif Sigismond, voulons appeler nos sénateurs sinon à la morale, au moins à la sagesse.
La sagesse, ce serait d’aller contre le vote de l’Assemblée Nationale et donc de confirmer les volontés de la Commission des Lois du Sénat.
Considérant que cet amendement contredit la loi de bioéthique du 6 août 2004 qui précise que l’examen des caractéristiques génétiques d’une personne ne peut être entrepris qu’à des fins médicales, de recherche scientifique, ou être mené dans le cadre de procédures judiciaires, rendant ainsi banal pour les étrangers ce qui avait été voulu comme exceptionnel par la loi bioéthique,
Considérant qu’au nom de la lutte contre la fraude à l’immigration, on balaye des considérations éthiques, ouvrant ainsi la porte à d’autres éventuelles dérives, à commencer par celle du fichage génétique des individus,
Considérant que cet amendement génèrerait un système à deux vitesses dans le traitement des dossiers de regroupement familial : d’un côté ceux incluant un test ADN, traités en priorité, de l’autre ceux dépourvus d’un test ADN, traités comme des dossiers de seconde classe,
Considérant que cet amendement donne de la famille une définition purement biologique, ce qui stigmatiserait les situations d’enfants adoptés, les familles recomposées et risquerait de mettre en péril des familles si des cas d’adultère étaient révélés,
Nous vous demandons, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, de voter contre ce texte en séance plénière et, par conséquent, susciter la convocation d’une Commission Mixte Paritaire, puisque Monsieur le Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Co-Développement a enclenché la procédure législative d’urgence.
Nous proposons, à l’inverse, que nos parlementaires légifèrent en faveur du Co-Développement, seul moyen véritable de maîtriser l’immigration en France.
Nous proposons que nos parlementaires adoptent une résolution incitant à lancer une politique européenne de l’immigration.
Nous invitons, enfin, au cas où l’éventuelle Commission Mixte Paritaire ne parviendrait pas à trouver un accord, les députés de l’Assemblée Nationale, nos représentants directs à qui la Constitution donne le dernier mot, à rejeter le texte et à en soumettre un nouveau au débat, incluant l’impératif de co-développement (notamment pour aider, le cas échéant, les pays concernés à renforcer leur état civil pour le rendre plus sûr et performant) et la nécessité d’agir de concert avec nos partenaires européens qui connaissent les mêmes soucis que nous en matière de régulation des flux migratoires.
Le Collectif Sigismond
Sigismond s’est posé la question de savoir si ce qu’il vivait était réel et concevable. Le Collectif Sigismond s’est posé la même question lorsque l’amendement ADN a été adopté. Il réunit des citoyens issus des principales familles politiques, syndicales ou associatives, ou de la société civile. Il est trans-partisan et trans-courant.
Ses membres sont :
Farid Ben Malek, Parti socialiste
Aurélie Bouquet, Parti socialiste
Jean-Marc Brulé, Conseiller régional Vert
Matthieu Canciani, Avocat
Pierre Catalan, étudiant
Sébastien Colombel, Nouveau Centre
Quitterie Delmas, UDF-Mouvement démocrate
Guillaume Desrosiers, Mouvement démocrate
Grégory Giavarina, CAP 21-Mouvement démocrate
Cyril de Guardia, Confédération étudiante
Luc Mandret, Mouvement démocrate
Rodolphe Marcotte, Directeur de création
Patrice Orenes-Lerma, Parti Socialiste
Marie-isabelle Pichon, UDF-Mouvement démocrate
Maxime Pisano, Mouvement des Jeunes Socialistes
Benjamin Sauzay, Mouvement démocrate
Jean-Baptiste Soufron, Avocat, chroniqueur sur France culture
Pierre Vallet, Nouveau Centre
François Van Zon, Gérant de SARL
Nicolas Vinci, UDF-Mouvement démocrate
Virginie Votier, UDF-Mouvement démocrate
Contact : collectifsigismond@gmail.com
Blog : http://collectifsigismond.hautetfort.com/
Autres relais : Sebastien Pereira, Jonathan Denis, Thomas Deslypper, Héloïm Sinclair, Marc Vasseur, ... vous peut être ?
Famille : Pourquoi il faut revenir sur l'amendement Mariani
Pour l'Insee, une famille est la partie d'un ménage comprenant au moins deux personnes et constituée, soit d'un couple marié ou non, avec ou sans enfants, soit d'un adulte avec un ou plusieurs enfants. Dans une famille, l'enfant doit être célibataire (lui-même sans enfant).
Pour le code civil, la famille n'est pas définie explicitement, mais on y fait référence comme à une notion commune. Pour Wikipedia, une famille est un groupe parent(s)-enfant(s), unis par des liens multiples pour se soutenir moralement, matériellement et réciproquement au cours d'une vie à travers les générations, favorisant ainsi leur développement social, physique et affectif.
Nul part il n'est fait mention de relation génétique, et c'est bien ainsi.
En fouillant dans le code civil, en plus des raisons invoquées par MIP sur son blog, j'ai trouvé quelque chose d'intéressant :
Article 16-13
Nul ne peut faire l'objet de discriminations en raison de ses caractéristiques génétiques.
Or, refuser un regroupement familiale pour cause de non conformité ADN entre un enfant et un de ses parents serait, je n'en doute pas, une discrimination en raison des caractéristiques génétiques des parents et de l'enfant. Les avocats vont avoir du travail !
Donc, un parent qui veut faire bénéficier un de ses enfants du regroupement familiale doit déclarer le nom de cet enfant. Et prouver que son enfant fait partie de sa famille, la notion de famille étant essentiellement culturelle, comme on l'a vu plus haut. Dans le cas où l'état-civil de pays d'origine présente des carences, il peut demander un test ADN payant. Dans le cas où le test est positif (filiation biologique reconnu par l'état français), ce dernier lui est remboursé mais n'aura en fait servi à rien puisque la déclaration préliminaire suffisait. Dans le cas où le test ADN n'est pas positif, le parent peut donc demander l'application de l'article 16-13 du code civil pour annuler le résultat du test, qui du coup n'aura servi à rien non plus (sauf à faire bosser un labo).
français présente de grave En dehors du fait qu'établir une liste de pays où l'état-civil présente des déficiences risque d'apparaître comme diplomatiquement incorrect (M. Sarkozy risque d'avoir quelques soucis à la tribune des Nations Unies), regardons ce qui se passe en France, entre français : un certain nombre de mairies ont brulé pendant les guerres qui ont touché le territoire national, les registres d'état-civil ont donc disparu. A Mayotte, on ne connait pas le nombre réel d'habitants, tous de nationalité française. De même en Nouvelle-Calédonie. Donc certains français-nés-français-de-parents-français-sur le territoire français (droit du sol ET droit du sang) sont dans le même cas que les personnes visées par l'amendement Mariani. Devra t'on leur faire passer un test ADN ? A mon avis ce serait plus que délicat... voir non constitutionnel.
A propos, que peut t'on tirer de la Constitution ?
Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que leurs actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.
En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.
Art. 1er.
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Enfin j'éspère.
Comme il vaut mieux être certain que nos représentants nous représentent vraiment, je vous propose donc, comme d'autres, de vous assurer auprès de vos élus, par courrier, mél, téléphone, fax, visite à leur permanence, visite à leur bureau, visite à l'Assemblée, visite au Sénat, etc. qu'ils sont bien informés des dérives voir dangers qu'apporte cet amendement... Bon courage !