Eric Sadin nous alerte, à propos des IA

 Eric Sadin : Le désert de nous mêmes – Le tournant intellectuel et créatif de l'intelligence artificielle; Éditions L’Échappée, quatrième trimestre 2025, 259 pages, 19 €.

L'influence des IA sur notre manière de nous exprimer : comme le langage d'interrogation est formaté, nous formatons inconsciemment notre manière de nous exprimer pour être conforme à cette doxa, d'où un appauvrissement certain de celui-ci.


Eric Sadin, auteur prolixe depuis 2009 d'essais nous mettant en garde contre l'influence grandissante des technologies numériques poursuit ici son action – à travers le récit du contre sommet de l'IA du 10 février 2025 – et son œuvre initiée en 2018 avec « L'intelligence artificielle ou l'Enjeu du siècle ».

« Le désert de nous mêmes » fut commenté à sa sortie, en octobre 2025 dans Libération, La Dépêche et L'Humanité1. Un an plus tard, que pouvons nous ajouter ? Déjà, il est toujours d'actualité. De plus et ironiquement, il est rejoint par l'Encyclique magnifica humanitas, publiée l'année suivante, notamment par le parallèle à faire entre d'une part l'évolution de la société technologique depuis le début du XIX° siècle, et l'évolution de la doctrine sociale de l'église depuis le milieu de ce même XIX° siècle.

Son introduction, longue et fortement documentée, nous rappelle l'évolution de la société depuis le début de l'industrialisation. Comment nous nous sommes dépossédés de l’œuvre au profit de la machine, de sa conduite puis simplement de sa maintenance.

Cette introduction nous refait donc visiter la transformation de notre rapport au travail : d'artisan, oeuvrier à ouvrier, manufacturier. Progressivement, suivant les trois premières révolutions industrielle, l'accès au temps libre s'échange contre une aliénation aux moyens de production.

Puis ce temps "libre" que devient t'il ? Comme le disait le patron d'une chaîne de télévision privée2, "c'est du temps de cerveau humain disponible".

Puis vient la quatrième révolution industrielle, celle de l'information et de l'informatique avancée. Information au sens informatisation, mais encore plus au sens de la manipulation de l'information qui, comme on le disait déjà dans les années 1970 (au siècle dernier) fait que « si c'est gratuit, c'est vous le produit ».

Maintenant, avec les IA qui ne vont cesser de progresser, nous n'avons même plus besoin de penser et encore moins de réfléchir.

Alors oui, comme l'écrit Eric Sadin, il y a un problème. Après avoir perdu la capacité de créer de nos mains, nous perdons la capacité de concevoir, et donc bientôt de créer.

Comment réagir, que faire ? Au niveau individuel, persévérer à créer sans utiliser d'outils que nous ne maîtrisons pas totalement. Au niveau collectif, réguler ces nouveaux agents et leur utilisation. Il y a des IA de guerre, mais même si elles ont une capacité létale, l'ordre de tuer devrait être donné par un humain conscient et responsable de ce qu'il fait, ou laisse faire.

Un autre problème, esquissé par Eric Sadin, est l'immense consommation d'énergie et de matière première nécessaire aux IA pour se développer. Besoins incommensurables en énergie, en semi-conducteurs (mémoires et processeurs) et ... en eau pour refroidir tout ça. C'est peut être par cette logistique que l'humanité est vraiment en danger : quand nous aurons tellement pollué la terre pour faire de l'énergie pour les IA, quand nous aurons laissé accaparer nos ressources en eau potable aux profits des data-center, alors pourrons nous nous souvenir que le papier-monnaie, ça ne se mange pas3.

C'est à travers cette vision apocalyptique et son récit du contre sommet de l'IA que Eric Sabin nous invite à imposer à l'IA quelques principes de base :

1 Tout être humain est singulier, et cette singularité ne doit pas être mise en péril.

2 Tout être humain, étant donné sa fragilité d'une part, sa capacité d'adaptation limitée de l'autre, doit être protégé des chocs technologiques.

3 Protéger les savoirs-faire ancestraux de toute automatisation.

4 La société est faite de liens d'interdépendance, à l'opposé des systèmes qui conduisent à l'isolement et, à terme, à la violence.

5 La prééminence des techniciens, juges et parties dans l'IA, doit être inversée au profit des praticiens.

6 Ne pas subventionner les organismes qui ne respectent pas les points précédents.

7 Les auteurs et créateurs se tiendront à distance des IA notamment génératives.

Ces éléments sont encore loin de la sobriété des trois lois de la robotique d'Asimov. Ils permettent d'ouvrir le dialogue législatif avec les instances européennes et françaises.

Suit un programme de sept actions : cette controverse n'est pas close.

En conclusion : exister, résister, construire un futur humain rapidement : avant 2029.

1Libération le 13/10/25, La Dépêche le 28/9/25, L'Humanité le 3/10/25.

2Patrick Le Lay en 2004, alors président du groupe TF1 : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »

3Sitting Bull (1831 - 1890) : La célèbre citation attribuée au chef sioux Sitting Bull est : « Lorsque le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas »

Nos partis politiques sont ils fascisants ?

 En m'appuyant sur le commentaire précédent de "l'ur-facsisme", je propose la grille d'analyse suivante (totalement discutable, ça va de soit) :

On conserve 11 critères, orthogonaux (i.e. si on fait glisser le curseur sur le critère, ça n'influence pas les autres).

Je choisis de n'étudier que les six partis suivants :

  • LFI y compris M. Jean-Luc Mélenchon ;
  • Les verts, quelque soit leur appéllation ;
  • Le PS, toutes tendances confondues ;
  • Le centre, en intégrant les macronistes et les partis historiques ;
  • LR y compris les dissidents ;
  • RN, y compris l'héritage du FN.

Rien que là, on peut discuter. Passons.

Maintenant, passons les à la moulinette proposée par Umberto Ecco, modifiée par votre serviteur (voir ici):

Premier critère : le culte de la personnalité. Sans contexte, le culte du chef est pratiqué par LFI (M. Jean-Luc Mélenchon), les marcheurs du centre (M. Emmanuel Macron), le RN (la dynastie Le Pen). Pour les autres (le PS et LR), je ne vois pas de personnalité qui émerge à ce niveau là.

Second critère : Nationalisme et culte de l'action pour l'action : clairement, LFI et le RN. On notera notamment la revendication de la 6eme république et la demande de destitution du Président de la République.

Troisième critère : Le refus de la critique (notamment interne), le désaccord est trahison. Clairement, l'ensemble de nos partis (sauf exception) est sectaire, et l'opposition est quasiment toujours (à part parfois au PS) vécu comme une trahison. Le racisme et la peur de la différence semblent aussi bien partagé par LFI et le RN.

Quatrième critère : L'appel aux classes moyennes frustrées (crise économique, humiliation, peur du lumpenprolétariat) : soit tous, soit aucun, en mettant de côté l'effet "c'est Nicolas qui paie".

Cinquième critère : Nationalisme pour le lumpenprolétariat, d'où obsession du complot, xénophobie, antisémitisme : là je retrouve bien des discours de LFI, et le RN.

Sixième critère : Humiliation par la richesse ostentatoire et la force  de l'ennemi, incapacité de jauger de la force d'un adversaire : LFI, dans ses positions antisionistes.

Septième critère : Vie pour la lute, "Viva la muerte", Solution finale, Armageddon :
Pour moi, aucun, sauf les tenants "de la mer à la rivière" (merci Rima).

Huitième critère : L'élitisme. Le mépris pour les faibles, le besoin d'un dominateur (ça renvoi vers le 1er critère, le culte du chef, mais ce n'est pas pareil). J'y retrouve LFI, les macronistes, le RN, mais les autres ne sont, en fait, pas loin.

Neuvième critère : le machisme. Soyons clairs, tous nos partis politiques sont machistes. Et même quand, sous couvert d'une obligation légale de parité, seul le PC investie plus de femmes que d'hommes, le groupe à l'assemblée, de 17 personnes, compte 11 hommes pour six femmes.

Dixième critère : le populisme qualitatif, ériger un groupe comme "le peuple" sans le caractériser ni le définir. J'y retrouve LFI, les Vert, le RN.

Et, joker, utiliser la Novlangue ("Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu'ils ne puissent plus qu'exprimer que nos idées" (Goebbels, journal 1939-1942). Elle est pratiquée aussi bien par LFI, Le Verts, LR et le RN. Réapprenons la langue française, qui nous permet de façonner nos idées !

Relire Umberto Ecco et voir si c'est d'actualité

Il y a maintenant trente ans, Umberto Ecco a prononcé un discours à l'université de Columbia pour l'anniversaire des cinquante ans de la fin du fascisme en Italie.

Ce discours est en deux parties : la première est liée à l'histoire personnelle de Umberto Eco, qui ne découvrit le multipartisme et la liberté d'expression qu'en 1945.

La seconde partie est moins datée : quatorze critères pour reconnaitre le "Ur-Fascisme", le fascisme éternel.

Dans son discours, certains critères sont des conséquences. Effet rhétorique certain, mais d'un point de vue logique, discutables sauf à vouloir pondérer lesdits critères.

J'en retiens dix, les quatre autres n'étant que des conséquences, soit, importantes :

- Le culte de la tradition, avec comme conséquence le refus du modernisme ; 

- le nationalisme et le culte de l'action pour l'action ;

- l'absence de possibilité de critique : le désaccord est une trahison, avec pour conséquence le racisme et la peur de la différence ;

- un appel aux classes moyennes frustrées (crise économique, humiliations, peur du lumpenprolétariat) ;

- en même temps (!) nationalisme pour le lumpenprolétariat : théorie du complot, xénophobie, antisémitisme ; 

- humiliation par la richesse ostentatoire et la force de l'ennemi, d'où l'incapacité de jauger objectivement la force d'un adversaire ;

- la vie pour la lutte. Cf "Viva la muerte", la solution finale, Armageddon. Par conséquence : le culte du héros ;

- le machisme ;

- le populisme "qualitatif" : ériger le "peuple" un groupe, sans le constituer ;

- utiliser une "novlangue" : "Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu'ils ne puissent plus qu'exprimer que nos idées" (Goebbels, journal 1939-1942).

Ceci posé, qui ouvre à débat, essayons d'appliquer ces critères à nos partis politiques français : le résultat n'est pas vraiment étonnant, nous convient 'il ?

DeboutCitoyennes revient le dimanche 10/12/2023 !

 J-2 ! 🌟 Debout Citoyen·nes revient au Théâtre le République ce dimanche 10 décembre ! Organisé par Eklore. 11 femmes inspirantes prendront la parole pour partager à quoi elles résistent - ou ont résisté - et affirmer pleinement leur humanité. 

Rejoignez la joyeuse résistance : https://bit.ly/debout23
#Eklore #DeboutCitoyennes

Sensibilisation au handicap : les gamins de Paris 14ème

Comme prévu depuis le vote terminé le 3/7/2023, l'association Le Moulin, le club para-sports CAP SAAA (handisport et sport adapté) et le conseil de quartier Pernety ont réalisé une après-midi de sensibilisation au handicap et au vivre ensemble.

 L'opération a eu lieu au City-Basket du square de l'Abbé Lemire (face au 78 rue Vercingétorix). L'équipe de CAP SAAA est arrivée vers 13h30 pour mettre en place le matériel (panneaux de basket à 2.20m de haut au lieu de 3.05m, matériel pour les parcours d'obstacles en situation de cécité).


Vers 14h05 l'équipe de seize jeunes (8 à 12 ans), encadrée par une monitrice et une stagiaire monitrice est arrivée en bon ordre et la première partie a commencé : Découverte du basket-fauteuil. 


Bien ranger ses pieds sur la plateforme ad-hoc, tenir les roues par les mains-courantes, et se débrouiller pour ramasser le ballon...


Le groupe d'enfants a été gardé en entier, et le jeu s'est déroulé en 7 contre 7, voir 8 contre 8, sans intervenant extérieur autre que l'arbitre.

Au bout d'une heure de basket-fauteuil, arbitrée par Mehdi, les enfants commençait à la fois à prendre de la dextérité avec les fauteuils et le ballon, et à ressentir de la fatigue.





Tout le monde s'est retrouvé assis, à échanger avec Fouad à propos 
- de ce sport, accessible en loisir aussi bien aux valides qu'aux handicapés,
- des causes du handicap,
- parmi les causes du handicap, la bêtise prenant une grande part, de la prévention des conduites à risques.

Troisième temps, l'équipe CAP SAAA de Chloé ayant installé

deux parcours d'obstacles, parcours en situation de cécité complète, avec un guide "à la voix", les enfants ont réalisé ces parcours, en étant à tour de rôle l'aveugle ou le guide. 
- initiation, découverte de la canne (ne pas se prendre les pieds dedans),
- se retrouver sans la vue, être dépendant d'une personne bienveillante par l'ouïe,

- obéir instantanément aux ordres du guide vocal,
et aussi, pour le guide
- avoir la responsabilité de guider une personne à la voix, sans la toucher,
- anticiper les obstacles, les signaler de manière que la personne guidée comprenne et agisse.


Une chute sans gravité ayant eu lieu sur le parcours hors terrain de basket, tout le monde s'est retrouvé dans les fauteuils pour une seconde session de basket fauteuil, arbitrée par Mohamed. 



Les enfant étant reposés et ayant acquis les rudiments du jeu en première partie, le match fut beaucoup plus disputé !

L'après-midi s'est terminée après une nouvelle session de discussion, orientée vers
- le respect de l'autre, condition nécessaire au respect de soi même,
- le vivre ensemble.


Le goûter (madeleines, pains au chocolat, gourdes de compote, confiseries à la fraise, bouteille d'eau par ailleurs disponible tout l'après-midi) a été partagé, et en toute fin, comme le City-Basket nous avait été livré propre, une grande opération nettoyage a conclu le stage, avant que les enfants ne repartent vers 17h.

Cette animation a touché 16 enfants encadrés par 2 personnes de l'association Le Moulin, 6 intervenants de CAP SAAA, 2 personnes du Conseil de quartier Pernety, 2 personnes du CA de Le Moulin, 3 policiers municipaux qui sont passés deux fois dans l'après-midi, 2 personnes des espaces verts, 2 ados utilisateurs du City-Basket et une dizaine de badauds, soit environ 45 personnes.

Les photos moyenne définition du CQ Pernety sont visibles dans cet album (cliquer).
Les photos hautes définition utilisées pour illustrer cet article sont là (cliquer). 

à propos d'IA en 2023 : "Il existe bien une différence entre ce qu'une machine dit et ce qu'elle "comprend" ; d'ailleurs, elle ne comprend rien."

"La responsabilité appartient ainsi aux concepteurs plutôt qu'aux utilisateurs,
comme affirme aussi la nouvelle législation européenne en matière d'intelligence artificielle. Un
output susceptible de porter atteinte au bien-être de l'utilisateur est supposé avoir été provoqué causalement par le fabricant d'un chatbot, même si celui-ci n'avait formé aucune intention de léser celui-là et ne pouvait même, par conception, avoir la connaissance de cet output
particulier." Alexei Grinbaum, "Parole de machines – Dialoguer avec une IA", humenSciences, mai 2023, 192p. 17,90 €

Source de polémiques récentes, voir d'interdiction dans certains pays, ChatGPT, édité par OpenIA, et ses consoeures IA nous interpellent : quelle place leur réserver dans nos sociétés ? Comment les utiliser et au profit de qui ? Comment interagir avec elles ? Monsieur Alexei Grinbaum fait le point, à fin mars 2023. Sa dernière oeuvre est donc d'actualité sur le sujet, étant donné sa compétence reconnue. 

Que lors une interaction humain-machine, la machine réponde de manière quasi-humaine – avec apparement de l'empathie, de l'émotion, etc – éveille en nous le même type de réaction émotionnelle ne veut pas dire que l'émotion est ressentie du côté du silicium : ce ne sont que des réactions statistiquement correctes pour réagir face à un humain, et entraîner une projection des sentiments par l'être humain. Que le transformeur au coeur de l'IA ne soit qu'un automate engloutissant quelques TeraOctets de données de conversations ne lui permet pas d'accéder au signifiant : elle manipule des éléments de langages  pour produire un rendu qui soit statistiquement et socialement convenable. C'est tellement dénué de sens qu'il est nécessaire de coupler ce transformeur à une autre IA, spécialisée, elle, dont le seul rôle est de vérifier que le projet de rendu sera socialement acceptable.

Si il n'y a pas de signifié, il n'y a encore moins d'intention puisqu'il n'y a pas de conscience : l'IA est naïve, innocente, "adamesque" en ce qu'elle ne peut connaître ni le bien ni le mal, n'ayant pas d'intention. C'est un Golem, un Robot. Une comparaison avec la Kabbale et le travail talmudique est tout à fait pertinente, d'autres écrits mystiques nous guident aussi : " Au commencement était le Verbe (λόγος), et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu." Nous nous situons donc avant le bien et le mal.

Le travail de l'IA conversationnelle est donc sur le mot, le verbe, l'écrit, l'oral n'étant considéré que comme une synthèse vocale. Nous sommes donc sur la forme et il ne faut pas s'y tromper. Cela dit, étant donné la potentiellement grande qualité de l'écrit généré, il est nécesaire d'y inclure une signature (watermark) pour diférencier ce qui est texte généré, sans ancrage philosophique ou intentionnel, de texte écrit, avec les trois niveaux de sens évoqués plus haut.

Il existe déjà des DeadBots permettant de poursuivre un dialogue artificiel après le décès de l'interlocuteur. Serait-ce une nouvelle manière de faire le deuil ?

Une éthique reste à définir, avant peut être de légaliser. Aujourd'hui nous sommes face à des Golem qui s'expriment sans comprendre ce qu'il signent. On est encore loin des trois lois de la robotique d'Asimov.


Ce livre dense et généreusement sourcé se lit bien, il serait à conseiller à nos décideurs avant qu'ils ne cèdent à l'émotion ou à un respect trop légaliste du RGPD : les IA conversationnelles existent, interdites ou autorisées, et nous devons faire avec. De ce fait si certains métiers risquent d'évoluer voir de disparaître, au moins un nouveau métier émerge : influenceur d'IA !

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A titre d'exemple, j'ai soumis ce texte à ChatGPT v3.5 en lui demandant de le résumer. Au bout de trois essais, voici le résultat :

"L'article aborde la question de la place des IA conversationnelles dans notre société et explore leur utilisation ainsi que les interactions avec les êtres humains. Il souligne que bien que ces machines puissent répondre de manière quasi-humaine, elles ne possèdent pas de réelle compréhension des émotions ou des intentions. Les IA conversationnelles se basent sur des modèles statistiques et manipulent des éléments de langage sans accéder au sens profond des informations.

L'auteur souligne également que l'IA est dépourvue de signifié et d'intention, la plaçant dans un état d'innocence similaire à celui du Golem. Il fait référence à des écrits mystiques et philosophiques pour appuyer cette idée. L'accent est mis sur le travail de l'IA conversationnelle axé sur le mot et l'écrit, considérant l'oral comme une simple synthèse vocale. Ainsi, il est suggéré d'inclure une signature pour différencier les textes générés de manière algorithmique des textes écrits avec une intention et une philosophie.

L'article mentionne également l'existence des "DeadBots" qui permettent des interactions artificielles après la disparition d'une personne, soulevant la question de l'utilisation de ces technologies dans le processus de deuil.

Enfin, l'auteur souligne la nécessité de définir une éthique pour les IA conversationnelles et met en garde contre les émotions excessives ou une stricte conformité au RGPD. Il conclut en soulignant que les IA conversationnelles existent, qu'elles soient autorisées ou interdites, et que cela peut entraîner l'émergence d'un nouveau métier d'influenceur d'IA."


Faire 8100 repas durant le confinement CoViD19, et les distribuer à ceux qui ont faim

Du 15 mars au 11 mai 2020, ce fut le confinement strict, puis à partir du 11 mai un
dé-confinement progressif. Durant cette période où beaucoup de choses se sont arrêtées, les plus démunis ont doublement souffert : Confinement en hôtels réquisitionnés, et absence des cuisines collectives, fermées pour cause de coronavirus.
Des groupes de personnes se sont réveillées et ont agis à mesure de leurs moyens. Grâce leur soit rendue ! Il y eu, entre autres :
  • Le collectif "Les Ravitailleurs", dès début avril 2020, à l'initiative de Pol Maire, pour la fédération de cuisiniers qui fabriquaient de 20 à 50 repas par jour chez eux, et ont, au 28 juillet, fabriqué  54095 repas.
  • Le collectif d'associations " Cap Solidarité - le collectif", à l'initiative de CAPSAAA et de Au Dela Des Murs, qui, en mars, distribuait déjà des paniers de denrées puis a étendu et augmenté son offre jusqu'à distribuer 400 repas par jour, et 900 paniers de denrées à Paris, Bobigny et Vitry, ainsi qu'aux alentours.
  • Les Grands Voisins, qui, au plus fort du confinement, distribuaient 500 repas par jour, alors que leur capacité de production est de 300. Ils étaient livrés pour le complément par notamment Les Ravitailleurs, cité plus haut.
et puis, il y eu un élan de personnes, dont des habitants de Paris XIV, qui sont venues se greffer sur cette dynamique.

Au plus fort, une vingtaine de personnes qui venaient nous aider, avec leur sac de courses, en disant : "Tiens j'ai acheté ça, on en a besoin". Qui a vidé son armoire à épices, suite à mon appel, qui apporte un kilo d'aïl, qui un kilo de patates, qui cinq cageots de radis et cinq cageots de rhubarbe  ("vous en ferez bien quelque chose !"). Merci à Adrienne, Agnès, Bashir (Bob), Carole, Céleste, Clara, Cyrielle, David, Emmanuel (Manu), Erik, Florence, Hervé, Karim, Katia, Louis, Luis Manuel (Manu), Marius, Martine, Mélanie, Minata, Mohammed (Big Momo), Monsserrat, Mouss, Patrick, Philippine, Raphaël, Ryadh, Simon, Sophia, Stéphanie, Sylvain, Sylvia, Sylvie, Timour, Yacine et ceux qui sont intervenus de manière discrète à travers leur organisation (association ou entreprise).

Maintenant, voyons ce qui a été fait :

Nous avons fait des plats préparés depuis le 28 avril 2020, en quantité croissante. En effet, nos bénéficiaires n'ont pas de cuisine à leur disposition (hôtels réquisitionnés par le 115 – Samu Social, et associations d'entraide assurant la distribution).

Les hôtels et centres d'hébergement d'urgence ne sont pas toujours à Paris :

Les hôtels de banlieue sont généralement moins chers à la nuitée. Nos plats sont distribués principalement à Paris 14ème, et à partir des deux plateformes logistiques, Vitry-sur-Seine (94) et Bobigny (93). Entre le 28 avril et le 2 juillet 2020, nous avons produit 8100 repas.

Un plat/repas fait environ 450g, il est souvent composé de céréale ou pomme de terre (60%), de légumineuse (20%), de légumes en sauce (20%). Les protéines sont apportées par la légumineuse ou par un apport dans la sauce (animal, donné ; ou œuf, acheté). Un grand succès fut un riz biryani aux lentilles mélangées (ne cherchez pas la recette, c'est une invention liée aux produits disponibles).

Notre aventure a eu cinq "saisons" :

  • Première saison, cuisine domestique, du 28/4 au 12/5.
    Moyenne : 50.
    Cumul : 747. Record quotidien : 78 repas.
  • Seconde saison, cuisine de la brasserie "La Place", du 12 au 24/5.
    Moyenne : 120.
    Cumul : 1775. Record quotidien : 196 repas.
  • Troisième saison, cuisine-école du Centre d'Animation Montparnasse, du 24/5 au 3/6.
    Moyenne : 180.
    Cumul : 1525. Record quotidien : 302.
  • Quatrième saison, cuisine AFPP du complexe sportif Emile Anthoine, du 11 au 21/6.
    Moyenne : 250.
    Cumul : 2300. Record : : 437 à deux cuisiniers, un commis.
  • Cinquième saison, ESAT à Colombes, production visée 220 par jour.
    Moyenne : 220. Cumul : 1100 repas.

Durant les saisons 1 à 4, nous avions un flux entrant, de livraisons de denrées, 2 à 3 fois par semaine, et un flux sortant, les barquettes repas, quotidien. Pour la saison 5, la logique est calée sur celle de "Les Ravitailleurs" : Un coursier apporte les ingrédients le jour J pour production J+1, et repart avec la production de J-1.

Nous sommes plusieurs équipes à produire des repas, mais ici nous exposons ce qui est fait par l'équipe de Paris XIV. Les denrées sont soit glanées, soit données, soit achetées.

Saison 2 à 4, les cuisiniers étaient deux ou trois chaque jour, parmi : Bob, Hervé, François, Yacine (les records ont été fait à deux). Les bénévoles qui font la mise en boîte arrivaient vers 13h, et étaient deux ou trois chaque jour, en tournant.

La maraude de départ des produits passait vers 16h, à 16h30 les lieux étaient libérés, ménage fait. Au total l'équipe saison 1 à 4 a impliqué environ 27 personnes.

Pour information, nous sommes plusieurs lieux à produire de la nourriture, dont des restaurants. Mais ces restaurant ne travaillent pas le week-end, donc nous tentons de les compenser ces jours là (d'où les records de production). Au total, le besoin identifié est de plus de 400 plats par jour, auxquels s'ajoute les distributions de denrées (900 par jour à partir des deux plateformes).

Depuis le 16 juin, la demande a changée, nous distribuons plus auprès des clandestins, et moins auprès des "pauvres reconnus", les associations ou organismes spécialisés ayant repris leur activité.

Durant les saisons 1 à 4, tous les intervenants étaient bénévoles (revenus : RSA, chômage partiel, pôle emploi ou retraite). Ils étaient nourris sur place. Les cuisiniers sont professionnels. Pour la saison 5 nous changeons de dimension, avec une production à Colombes, dans un ESAT avec une capacité de production supérieure à 200 plats par jour.


Depuis juillet, notre collectif, dont l'activité est en suspens, se structure en une association, l'Amicale de la place du banc, pour être capable de réagir rapidement à un résurgence de l'épidémie.

En savoir plus sur facebook :

A propos des dons de denrées alimentaires

Epluchage du matin
A tous nos généreux donateurs : Avoir des produits de base pour faire de la cuisine, c'est bien, c'est super, ça permet d'avancer, de fournir. Nous sommes dans un pays avec une immense culture gastronomique, puisque nous avons intégré celle des autres dans beaucoup de cas.
Ce que je voudrais, c'est que nos plats distribués aient du goût, et soient beaux, ne soit pas simplement de la nourriture.

Pour cela, il nous faut, à nous cuisiniers bénévoles, des épices, des aromatiques (thym, laurier, origan, etc.), des alliaceae (aïl, oignons, poireau, ciboulette, etc.), des apiaceae (persil, coriandre, etc.), bref, des trucs sympas dont nous n'avons pas besoin en très grande quantité, mais qui permettent d'avoir des plats appétants.
Quand vous nous offrez 5 kg de pommes de terres, c'est cool, ça fait 30 plats. Mais quand vous nous offrez 5 kg d'oignons, ça permettra d'améliorer 100 plats. Et un kg d'ail, 120. Et 100 g de curry, 100 plats directement.
Au passage, les épices sont porteurs d'une culture, c'est aussi une forme de signature.
Spaghetti, sauce curry, grana padona

Voila, c'est tout, merci encore pour ce que vous faites déjà, c'est juste une remontée de terrain non pas pour faire plus, mais pour faire mieux.
Si vous voulez participer à cette "cuisine populaire", des liens (les collectifs auxquels je participe) :
- Les Ravitailleurs
- CAPSAAA-Paris,
- Au delà des murs
- #CapSolidarité



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Mise à jour du 2/5/2020 : Merci à Béatrice d'avoir pré-payé un kilo d'aïl chez le maraîcher !
Mise à jour du 3/5/2020 : Merci à Murielle d'avoir vidé son armoire à épices !


L'hôpital de Paris Saint-Joseph a besoin de tous ! Sur-blouses à fabriquer, appel à bénévoles

L'Hôpital de Paris Saint-Joseph a demandé des volontaires pour fabriquer des sur-blouses pour le personnel soignant le 6 avril dernier. Cette demande est toujours d'actualité :

"Comme tous les établissements alentours, nous faisons appel à l'aide de nos concitoyens pour confectionner des sur-blouses pour protéger les soignants prenant en charge les patients covid les fournisseurs se retrouvant dans l'incapacité (comme vous avez dû l'entendre j'imagine ces jours-ci dans les médias), de répondre à la demande des hôpitaux.
Cette demande est toujours absolument d'actualité pour préserver la santé des soignants qui accueillent au quotidien nos concitoyen malades.
N'hésitez pas à revenir vers moi en cas de besoin
Bien cordialement
Cyrille Bertin, Coordonnateur Paramédical Adjoint,Responsable du parcours patient au bloc opératoire, Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph
cbertin [at] hpsj.fr "

Même si vous ne pouvez pas faire, au moins faites passer s'il vous plait.

Le patron d'orgine des sur-blouses est ici :  https://dl.orangedox.com/blouses mais le site est un peu lent (voir les FAQ ci-dessous).
__________________________

Questions fréquentes (et réponses) :Quelques informations provenant de M. Bertin, coordinateur de l'opération à Saint-Joseph

  • Où sont les patrons de sur-blouses ?
    Les patrons de sur-blouses sont disponibles en cliquant sur les liens ci-après (l'illustration est un .jpg, difficile à agrandir proprement) : Versions pdf (167Ko) ou jpeg (54Ko).
  • Comment se procurer le tissus ?
    L'hôpital organise des collectes de draps. Le tissu requis est coton 100%. En pratique nous recommandons l'utilisation de draps de lit répondant aux critères de traitement du linge hospitalier (lavable à 95°C).
  • Est-ce défrayé, si ce n'est rémunéré ?
    Nous faisons appel à l'aide bénévole de nos concitoyens, nous avons passé des commandes qui sont bloquées à l'étranger. Nous avons donc des besoins très urgents pour nous permettre de couvrir la durée jusqu'à leur réception. Aujourd'hui l'aide de nos voisins et voisines s'avère être la meilleure chance pour nous de protéger rapidement nos soignants. En revanche, nous pouvons fournir le tissu et l'élastique que nous parvenons à collecter au fur et à mesure.
  • Peux t'on signer ses œuvres (mention "offert par xxx" ou autre ) ?
    Oui, s'il s'agit de motif fait par couture ou d'un motif brodé (en évitant la face avant de la blouse pour des raisons d'hygiène) (nous déconseillons une signature au marqueur qui peut laisser penser aux patients que le matériel que nous utilisons ne serait pas propre).
  • Quel est le contact à Saint-Joseph ? 
    Monsieur Cyrille Bertin, coordonnateur Paramédical Adjoint, responsable du parcours patient au bloc opératoire, Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph
    Courriel : cbertin[at]hpsj.fr (remplacer [at] par ce qu'il faut).

Quelques liens utiles :


Comment transformer des bouchons en roues de fauteuils ?


Que se passe t'il après que j'ai déposé un bouchon dans l'urne de CAPSAAA ?


Je dépose un bouchon dans l'urne, et après ?
Tout d'abord, comme je ne suis pas le seul à le faire l'urne se remplie tranquillement. Lorsqu'elle est pleine, elle contient environ 10kg de bouchons en plastique dur.
Le responsable local de l'urne fait alors deux actions : Il vide l'urne dans un sac (ou sort le sac réceptacle), pour que je puisse continuer à apporter mes bouchons, et téléphone à son contact privilégié à CAPSAAA pour indiquer qu'il a un sac plein.
Suivant la capacité de stockage du lieu, il faut venir rapidement (ou pas) pour récupérer la collecte.
CAPSAAA reçoit ces appels et organise une tournée de ramassage, ou profite du déplacement d'un de ses véhicules pour passer récupérer le stock de bouchons.
Le responsable local a terminé son action sur ce lot.

Les bouchons sont maintenant dans les véhicules de CAPSAAA.
Il faut alors tout rapporter dans un seul véhicule, éventuellement en utilisant un local technique comme stock tampon.
Admettons qu'un véhicule puisse être chargé correctement. Par exemple, 10 m3 de bouchons représentent environ 500 kg de bouchons, soit 50 sacs. Le camion va alors déposer ses bouchons au centre de recyclage de Lemon Tri, notre partenaire.

Les sacs sont déchargés dans des chariots grillagés, qui passent sur une balance industrielle. Lemon Tri délivre à CAPSAAA un bon de livraison qui mentionne la masse déposée.
CAPSAAA a terminé son action sur cette livraison.

Lemon Tri va alors vider les sacs dans sa nettoyeuse. Les sacs réutilisables sont mis de coté et redonnés à CAPSAAA à l'occasion de la prochaine livraison. Les sacs non réutilisables sont recyclés de manière ad-hoc.
Les bouchons, une fois propres et triés, sont alors remis sur le marché des matières premières.
Lemon Tri a terminé son travail sur les bouchons.

Comment les bouchons, en plastique dur, se transforment en roues et en fauteuils de sport, en métal ?


Il n'y a pas de lien direct ! Lemon Tri achète les bouchons à CAPSAAA au prix du marché des matières (quelques centaines d'Euros la tonne), et, en fin d'année, abonde la collecte réalisée. Ces fonds sont versés à CAPSAAA qui peut alors acheter le matériel sportif mentionné sur l'urne.

Par ailleurs, LemonTri est partenaire de CAPSAAA, et spécialisé dans le recyclage. Certaines des machines de récupération de bouteilles en plastique déposées dans des supérettes parisiennes sont dédiées à CAPSAAA : Lorsque j'apporte mes bouteilles vides, le crédit de 0,10€ peut soit m'être versé sous forme de bon d'achat, soit crédité à des associations partenaires, dont CAPSAAA.


Pour en savoir plus :

Crédits photos CAPSAAA.

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