Université d'été du Medef : Atelier "Balayons devant notre porte" le 31/8/2007

Où on a parlé avec les patrons de compassion, d'altruisme, de modération, d'abstention, de modestie, mais aussi de guerre, de pollution, de contrôle démographique ou encore d'autres pensées que le "tout économique"à l'occidental.


Animateur : Olivier Jay, rédacteur en chef de l'Usine Nouvelle
Hervé Juvin, président d'Eurogroup Institute
Achille Mbembé, sociologue africain, professeur à l'université "Witt" de Johannesburg
Vaiju Naravane, correspondante à Paris du quotidien The Hindu
Matthieu Ricard, moine bouddhiste au monastère de Shechen au Népal, interprête en français du Dalaï Lama, membre du Mind and Life Institute
Hugues Rialan, directeur de la gestion financière de la banque Robeco
Jean-Marc de la Sablière, ambassadeur de France en Italie, ancien représentant permanent de la France auprès de l'Organisation des Nations Unies
Antoine Veil, président de AV Consultant et du Club Vauban

Sous la tente, avec la petite fraîcheur du matin, j'avais une polaire, mais les organisateurs avaient prévu... du chauffage en cette fin d'été. Mon empreinte écologique a du en prendre un coup ! Appelé au téléphone pendant l'atelier, je n'ai pas tout entendu, mais j'ai pris quelques notes, fait quelques portraits, voici les deux... en attendant la synthèse qui sera mise à disposition par le Medef.


Chacun expose son point de vue



Lama Matthieu Ricard



Interdépendance, monde occidental ego-centré, par opposition à l'altruisme par exemple bouddhiste. Être égo-centré, c'est malheureusement se mettre en porte à faux vis à vis de cette interdépendance, ce qui peut créer un malaise si cette position est exagérée, du coup la recherche d'un bonheur égoïste ne peut aboutir. L'altruisme ou la compassion permet d'être en harmonie avec l'interdépendance conforme à la réalité des choses.

Le progrès a indéniablement augmenté la qualité de vie [de certains] mais le matérialisme associé a fait oublier le but qui était la recherche du bonheur.

Notons que, ce fait est établis par les neuro-sciences, les émotions les plus "positives", compassion et altruisme désactivent dans notre cerveau les zones actives en cas de dépression.
N'est ce pas là justement une demande personnelle ?

Quelques phrases-choc :



  • "Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde" (attribuée à Gandhi)

  • "Il n'y a pas de désarmement sans désarmement intérieur"

  • "Il n'y a pas de paix sans paix intérieure" (Cf. Dalaï Lama)


Hervé Juvin



Consultant et « esprit libre ». Mesurons notre privilège de pouvoir s’interroger sur soi.

Balayons devant notre porte, jouons le jeu, mais quel jeu ? y a t’il seulement une règle du jeu ? Est-ce le rêve d’un monde unique, réglé par l’économie seulement ? quelle incroyable arrogance de l’occident ! L’occident qui a détruit des cultures séculaires, voir millénaires, qui avaient montré largement leur valeur ! Faisons attention : l’Islam est une alternative pour beaucoup face à l’arrogance occidentale.

Nous avons beaucoup à apprendre. Notons que plus un pays a été longtemps une colonie, moins il se développe mais devient plus facilement la proie de dictature et consomme plus d’aide humanitaire. Notons aussi que plus un pays reçoit d’aide extérieure, moins il se développe en interne, moins l’esprit d’entrepreneur se répand. On peu se poser certaines questions sur l’efficacité à long terme de l’aide au développement… n’aurions nous pas un certain devoir de modestie et d’abstention ?

Crainte d’une règle unique. Si la règle unique est économique, elle fabrique des gagnants absolus et des perdants absolus, or nous venons de la multiplicité et de la différence, y compris dans les règles… Cela porte en soi de la violence. Par ailleurs, il n’existe qu’une planète à notre disposition, et si tout le monde vivait comme les occidentaux, il en faudrait 4 ou 5 ! Donc nous semons des désirs qui ne peuvent être satisfaits, ce qui va engendrer de la frustration et est encore porteur de violence.

Maîtres mots : Modération, Modestie, Abstention


Hugues Rialan

Réchauffement climatique et augmentation de la population (de 6,7 milliards à 9,2 milliards en 2020) vont nous apporter de vrais catastrophes. Savons nous que l'aéroport de Singapour a du fermer 35 jours à cause de la fumée et de la pollution liée à l'exploitation intensive des forêts l'an dernier ? Le niveau de l'eau va monter, les déserts s'étendront, la surface habitable va donc diminuer. Cela provoquera des migrations massives, et donc, probablement comme par le passé, des guerres pour la terre, l'eau potable et/ou les autres ressources naturelles.

Il est peut être nécessaire d'arrêter de penser en croissance économique et de penser à la décroissance démographique (si on est moins nombreux à se partager le gâteau, on aura de plus grosses parts). Un seul pays utilise l'outil démographique : la Chine. Ce qui lui permet de dire, dans les négociations sur la diminution du CO2, qu'elle fait sa part : à 1,3 milliards, elle pollue moins que si elle ne contrôlait pas sa croissance démographique qui l'aurait portée à 2 milliards...

Si on veut faire croître la prospérité, il convient d'arrêter de faire croître le nombre... or il n'y a que deux manières d'agir sur le nombre d'habitants : à chaque bout de la vie, soit en naissant moins, soit en mourant plus vite (guerre, pandémie, catastrophes). Le contrôle des naissance semble donc la "moins pire" des solutions.

Vaiju Naravane

(Madame Naravane s'est exprimée en anglais, en parlant très vite, et ... j'ai pas tout compris mais elle avait l'air tout à fait convaincue !)

Comment comprendre le monde, quelles sont nos valeurs ? Le monde occidental a au moins l'avantage de mettre l'individu au centre des préoccupations, mais il va top fort dans cette direction ! Il apporte aussi le libre arbitre et l'égalité devant la loi.

Il convient de changer de perspective. On parle de quel monde ? Le mien, le votre ou le notre ?

Si on regarde l'Inde, on voit une société où les différences existent mais ne sont pas bien acceptées. L'anglais adopté en Inde est une version pidgin très appauvrie, la culture importée a été très mal intégrée.

Nous constatons encore le "complexe colonial" qui rejette la tradition pré-coloniale mais n'arrive pas à intégrer correctement la culture du colonisateur.

Quelles sont les aspirations des gens du monde entier? Sont-ce les mêmes partout ?

Citoyens du monde

(je vous invite à vous référer aux nombreux écrits et interviews de madame Vaiju Naravane pour compléter ce que je n'ai pas transcris...)

Antoine Veil

Il y a plusieurs manières de voir les chose. L'une, globalisante, nous conduit au déséquilibre de la planète, à l'augmentation de la population, à la diminution des ressources, aux pandémies, au terrorisme. Nous pouvons aussi faire une lecture plus contingente, en nous limitant par exemple à l'Europe et à la France.

Premier point : rejet de l'auto-flagellation car c'est un alibi des inertieset des pesanteurs d'aujourd'hui. Il nous faut maintenant construire l'avenir. Notre modèle social ne remplie plus sont rôle et fait maintenant partie des causes de l'érosion de la compétitivité de notre pays. Pourquoi ? J'y vois trois raisons :

La facilité, "l'état providence" qui vide de son sens l'effort individuel.

Nous vivons à crédit, sur le dos de nos enfants à partir de l'automne et ce pratiquement chaque année depuis trent ans.

Nous vivons sur le dos de nos partenaires européens (par exemple la Hollande) et américains (les Etats Unis), qui doivent supporter notre laxisme budgétaire (à peu près 2 000 milliards d'Euros).

La récente élection de Nicolas Sarkozy ne suffit pas à rétablir notre compétitivité. L'Europe devrait être notre objectif, y compris dans la mise en oeuvre progressive de la loi européenne dans notre droit.

Jean-Marc de la Sablière

L'influence des idées occidentales a conduit à la destruction de civilisations entières. Ce monde nouveau, définit autour de la prééminence du commerce fait courrir des risques à l'occident. Son arrogance, alimentée par les ignorances des cultures et de la réalité. Souvenons nous de "l'arroseur arrosé" !

Nous vivons à crédit. Si nous le faisons trop, c'est un crime commis envers les générations suivantes, qui devront rembourser ce crédit.

Il y a un "clash" entre les civilisations. La relation entre le monde occidental et le monde musulman ; la prise de conscience de ce risque qui entraîne dialogue et respect ; la nécessité de ne pas simplifier, ne pas faire d'amalgame ; si le fanatisme peut mene au terrorisme, la cause en est bien souvent la frustration créée par et vis à vis de l'occident.

De nouvelles puissances émergent. Ce ne sont pas des concurrents mais des partenaires.
Le "modèle occidental" nous convient, il n'est pas si mauvais que ça : il fournit un socle commun, que tous acceptent ou adoptent, les droits de l'homme, une certaine gouvernance.

Chacun doit balayer devant sa porte (pas que nous).

Quel est l'orientation des organisations internationales ? L'ONU, de part son mode de constitution et son fonctionnement, est neutre. Tout le circuit financier (FMI, Banque mondiale, etc) est de tendance "occidentale", quant au G8 pour être représentatif il devrait rapidement intégrer l'Inde et la Chine. Ce sont des lueis d'échange en paix, qui permettent de dégager des approches communes mais dont la mise en oeuvre peut être difficile !

En ce qui concerne le climat, le film d'Al Gore et ses conférences ont indéniablement accéléré la prise de conscisnce, y compris par les Etats-Unis qui n'avaient pas signé le protocole de Kyoto. On va peut être pouvoir se retrouver, et re-travailler ensemble.


Achille Mbembé

Si le "progrès économique" a été une aspiration du XX° siècle, quelle est l'aspiration qui concerne le monde de demain ? Revenons sur ce progrès : ce n'est pas le cas ! Une grande majorité de la planète vie en situation d'extrème précarité, d'incertitude radicale, ce qui les conduit à inventer leur propre humanité !
...












C'est tout, désolé j'ai du m'éclipser... Le sujet ainsi que le débat m'ont intéressé, je reviendrai mettre le lien vers la synthèse de cet atelier quand elle sera en ligne.
Pour poursuivre ou compléter :
- Paix intérieure, paix universelle de Sa Sainteté le Dalaï-Lama
Une retranscription d’un enseignement qu’à donné Sa Sainteté le Dalaï Lama à Bercy en octobre 2003. Ce texte "Paix intérieure, Paix universelle" a été traduit par Matthieu Ricard.
- le malthusianisme et le neo-malthusianisme

- Toutes les photographies sont visibles sur Flickr.com
- Ce texte est disponible sur jouer-le-jeu.fr avec les billets de mes co-blogueurs.

Université d'été du Medef : Discours de M. Nicolas Sarkozy, président de la république.

J’aime bien M. Nicolas Sarkozy, en tant que tribun. C’est un vrai spectacle, de grande qualité. En plus, je le trouve plus photogénique maintenant que pendant la campagne présidentielle… ça doit être le bronzage !
Il nous a fait un beau discours. Seul le prononcé fait foi, c’est écriS sur le document reMis en salle de presse (j’ai été en prendre un après que les journalistes se soient servis, merci la Présidence d’en avoir laissé assez).
Un beau discours, disais-je, presque un plan aristotélicien. Bien, carré, avec plein de figures de style, de rhétorique.
Début du discours, vous… je vous remercie de m’avoir inviter. Puis, très vite, « Je veux », six fois de suite. Le JE est bien marqué, scandé même. Maintenant arrive, le « Comment ?», trois fois de suite, pour poser le problème. Comme ça on peut sauter directement à la « rupture » et revenir au « Je veux la rupture… » quatre fois. Jonction à nouveau par le « Je veux » pour arriver à la « vérité ». C’est grand, c’est beau, la « vérité ». Elle sort enfin du puit, toute nue. Et «La vérité » ( 7 fois de suite, une de plus que les « Je veux » du début), monsieur Sarkozy pause ses postulats. Là, je deviens vraiment critique : ces « vérités », un peu assénées, semblent contingentes. Et puis ensuite on va s’échapper vers les valeurs de M. Sarkozy. Le style est simple, l’orateur brillant, il glisse des petites phrases qui font rire la salle ou applaudir. On retrouve le « Je veux » associé à « la vérité », et puis on arrive au plan, aux décisions. Pas vraiment des propositions, des décisions. C’est vraiment le discours du Président de France, Inc. Peut être qu’il a raison. Je ne sais. Mais j’aime mieux qu’on avance tout le temps, un pied devant l’autre, que de temps en temps, à coup de rupture. Mais ça c’est très personnel, subjectif, et… contingent aussi. Peut-être que l’assemblée avait besoin de se faire un peu tirer les bretelles par le patron, en fait. Auquel cas… c’est fait !

Discours un peu long, traitant de beaucoup de choses sur le fond. Et qui s'adresse autant aux entrepreneurs qu'aux fonctionnaires, d'ailleurs. Je ne doute qu'on y reviendra !
Bravo, monsieur le Président.
Bravo et merci, madame Parisot.





NB: Le discours complet est disponible sur le site internet de l'Elysée et sur celui du Medef.
Il y a des commentaires de blogueurs en ligne sur jouerlejeu.fr (les tags ne sot pas toujours renseignés, faut fouiller un peu), et un max d'articles référencés par google ou yahoo!

Université d'été du Medef : la 'colonie de vacances' au travail...

Avez vous lu l'excellent article de M. X (il n'a pas signé) sur Le Monde aujourd'hui ? Dépéchez vous parce qu'il va bientôt devenir payant. M. X glose sur les blogueurs et n'y va pas avec le dos de la cuiller. Alors je lui ferais juste quelques petites réponses personnelles (c'est parceque ce sont des réponses personnelles que je les écrit sur mon blog) :

  • Soit, les blogueurs sont des amateurs (des personnes qui aiment ce qu'ils font).
  • C'est peut être pour ça que mes photos se sont retrouvées sur la première page de Yahoo! et non celles des honorables journalistes présents : comme j'aime ce que je fais, elles sont correctes, et je les ai mis en ligne suffisamment vite, moi.
  • Ca ne sert à rien d'opposer encore et toujours les blogueurs et les journalistes : ce sont deux activités complémentaires de traitement de l'information, l'une à but non lucratif, l'autre si.
  • Une réponse en forme de question à une affirmation gratuite : et que font les journalistes accrédités au moment de l'apéro ou du déjeuner ?
  • et... quid des journalistes-blogueurs ?


Les deux photos jointes représentent l'une la salle de presse, l'autre la salle de blog... petit jeu (une bière à gagner, c'est moi qui paye) : laquelle est laquelle ?




(cliquez sur la photo pour l'agrandir)

Même type de salles (elles sont l'une à coté de l'autre), quasiment les mêmes outils (matos individuel d'un coté, matos individuel et collectif de l'autre), mêmes problèmes de partage de bande passante (merci, M. Billaut, d'avoir encore insisté auprèe de Mme Parisot en faveur du haut débit !)... En bref, il n'y a pas de raison d'opposer ces deux populations, et je n'ai pas l'impression que dans une salle ce soit "colonie de vacances" et dans l'autre "super-pros au travail"...

Medef : tout plein d'orange


Bon bien joli, cette histoire d'université d'été. Avez vous vu la couleur qui compte vraiment ?
;-)

Université d'été du Médef - 2

Problème de dos ce matin... c'est malin, de courir à droite à gauche avec un portable, son alim', deux appareils photos et des objectifs. Du coup je suis resté coincé et j'ai pas grand chose à raconter... grmbl

Université d'été du Medef 29/8 - 1 - Espace détente


Et pendant ce temps là, les ostéopathes démontrent l'intérêt de leur méthode de soin... Information, démonstration et soin dans l'espace détente pour patron surmené... ça va me faire la jonction vers l'atelier sur la souffrance au travail !

Université d'été du Medef 29/8 - 1 - Arrivée et Plénière


Pfff difficile d'arriver sur le campus : d'après viaMichelin, je devais en avoir pour une demi-heure, bilan des courses : une heure et demi... donc en retard pour la première séance plénière. Bon, quelques phrases chocs, glanées au moment des conclusions :

"La pauvreté va abattre nos états. Le jeu est ouvert, personne n'a plus de pré carré réservé" ou encore "Personne ne pourra arrêter les milions de pauvres" (M. Alpha Omar Konaré)

"Nous savons jouer le jeu aussi bien, voir mieux que les autres" (M. Sashi Tharoor)

Le ton est donné...

Pour les références des intervenants eux mêmes, je vous propose de consulter le programme de l'université d'été. Vous pouvez aussi y consulter la vidéo de cette première séance plénière. Pour les photos, ça va venir mais j'ai un petit problème de bande passante.... c'est vrai que je ne suis pas tout seul ici !

Université d'été MEDEF jour J ! Mon petit programme

Programme très riche proposé sur le site du Medef... moi je crois que je vais participer aux séances suivantes :

Mercredi 29 Août – Fair play or not fair play ? Telle est la question
14h30-15h30 - Plénière exceptionnelle


Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union africaine
Shashi Tharoor, diplomate et écrivain indien, ancien secrétaire général adjoint de l'Organisation des Nations Unies, chairman of Afras Ventures
Laurence Parisot, présidente du MEDEF

15h45-17h45 - Ateliers
L’entreprise est-elle fair-play ?
Animateur : Jean-Luc Placet, PDG de l'Institut pour le Développement des Ressources Humaines
Pierre Deschamps, membre de la CCIP, président des Entrepreneurs et dirigeants
chrétiens, président du conseil de surveillance d'Unilog
Marie-France Hirigoyen, psychiatre-psychothérapeute
Dorothée Ramaut, médecin du travail
Pierre-Louis Rougny, directeur général de Nera Propreté
Laurent Sirot, président d'Ecoburotic
Serge Villepelet, président de PriceWaterHouseCoopers

18h00-20h00 - Plénière d'ouverture
L’éthique, le dialogue et la guerre
Jean-François Cirelli, PDG de Gaz de France
Jean-Pierre Dupuy, professeur à l'université de Stanford et à l'Ecole polytechnique
Général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des Armées
David Ignatius, journaliste au Washington Post
Christophe de Margerie, directeur général de Total
Renaud Muselier,ancien ministre, vice-président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, député des Bouches-du-Rhône
Olivier Roy, directeur d’études et de recherche à l’EHESS

Plénière animée par Christine Ockrent, journaliste à France 3, animatrice de France Europe Express

Jeudi 30 août- Connaître les règles du jeu

8h00-10h00 -Atelier
La liberté d’expression, jusqu’où ?
Süheyl Batum, professeur à l'université Bahçesehir à Istanbul
Philippe Bilger, avocat général à la Cour d’appel de Paris
Elisabeth Lévy, journaliste et essayiste
Philippe Val, directeur de la rédaction et de la publication de Charlie hebdo

Atelier diffusé en direct sur Radio Classique, animé par Gérard Bonos, rédacteur en chef de Radio Classique

11h00-11h30 - Plénière exceptionnnelle
Laurence Parisot
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne


11h30-13h15 - Plénière
Le web, une règle du jeu mondiale
Benjamin Bejbaum, président de Dailymotion
Jean-Philippe Courtois, président de Microsoft International, senior vice-président de Microsoft Corporation
Isabelle Falque-Perrotin, présidente du Conseil d'orientation du Forum des droits sur l’Internet
Tariq Krim, président de Netvibes et de generationmp3.com
Charles Milhaud, président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d’Epargne
Didier Quillot, PDG de Lagardère Active
Bruno Racine, président de la Bibliothèque Nationale de France
Margus Rava, ambassadeur de la République d’Estonie en France
Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6
Alexander Von Schirmeister, directeur général eBay France

Plénière animée par Alex Taylor, journaliste


Jeudi 30 août après-midi - Faire bouger les règles du jeu
15h00-16h00 - Intervention exceptionnelle
Nicolas Sarkozy, président de la République


16h15-18h15 - Ateliers
Vers les nouvelles frontières du vivant
Animateur : Bertrand Mathieu, directeur du Centre de recherches en droit constitutionnel à l'université Paris I, président de l'Association française de droit constitutionnel
Roger Bessis, président du Collège français d'échographie foetale
André Choulika, directeur général de Cellectis
Monique l’Hostis, titulaire de la chaire de parasitologie à l'Ecole vétérinaire de Nantes
Jean-Didier Vincent, directeur de l’Institut de neurobiologie Alfred Fessard du CNRS, membre de l'Académie des Sciences
ou
L’espace : quel est le but du jeu ?
Animateur : Jacques Arnould, philosophe et théologien, chargé de mission au CNES
François Auque, président d’EADS-Astrium
Jean-Paul Brillaud, directeur général délégué d'Eutelsat Communication
Jean-Pierre Luminet, astrophysicien, directeur de recherches au CNRS, spécialiste des trous noirs
Pascale Sourisse, CEO Thales Alenia Space
Jacques Vallée, astrophysicien, ancien conseiller de la Nasa

18h30-20h30 - Plénière
La solidarité ou mourir : vers l’âge adulte du capitalisme

Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine
Shashi Tharoor, diplomate et écrivain indien, ancien secrétaire général adjoint à l'Organisation des Nations Unis, chairman of Afras Ventures
Jean-Claude Casanova, économiste, directeur de la revue "Commentaire"
Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté
Michel Pébereau, président du Conseil d'administration de BNP-Paribas
Augustin de Romanet de Beaune, directeur général de la CDC
Manuel Valls, maire d'Evry, député de l'Essonne

Plénière animée par Nicolas Beytout, directeur de la rédaction du Figaro


Vendredi 31 août - Jouer le jeu du monde entier
8h45-10h45 - Ateliers
Balayons devant notre porte
Animateur : Olivier Jay, rédacteur en chef de l'Usine Nouvelle
Hervé Juvin, président d'Eurogroup Institute
Achille Mbembé, sociologue africain, professeur à l'université de Johannesburg
Vaiju Naravane, correspondante à Paris du quotidien The Hindu
Matthieu Ricard, moine bouddhiste au monastère de Shechen au Népal, membre du Mind and Life Institute
Hugues Rialan, directeur de la gestion financière de la banque Robeco
Jean-Marc de la Sablière, ambassadeur de France en Italie, ancien représentant permanent de la France auprès de l'Organisation des Nations Unies
Antoine Veil, président de AV Consultant

11h00-13h00 - Plénière de clôture
Ne tirez pas sur la planète

Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables
Elisabeth de Fontenay, philosophe, professeur à Paris I
Xavier Huillard, administrateur, directeur général de Vinci
Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’Areva
Benoît Potier, PDG d'Air Liquide
Henri Proglio, président de Véolia Environnement
Christian Streiff, président du directoire de PSA Peugeot Citroën
Tavau Teii, vice-premier ministre de Tuvalu, ministre des Ressources naturelles

Plénière animée par Laurence Parisot, présidente du MEDEF

Paris blogue t'il ? version 10


Et vous, vous "bloguez", vous "forumez" ou vous "butinez" ?
On pourrait peut être en parler se se raconter nos aventures à l'occasion du prochain Paris-Blogue-t'il, à l'entrepot le 10 septembre prochain ?
La suite en cliquant sur l'image là ->>>>>>>>

Université d'été du Medef : Atelier "Fair-play" - ma souffrance au travail (1)

Comme la perception de la douleur est, nous le savons maintenant, une notion éminement personnelle (seuil, intensité, subjectivité), la souffrance, elle est vraiment de l'orde du ressenti. Elle semble englober la douleur, ou être un des effets de celle-ci mais pas seulement.
Bon, la question posée était "l'Entreprise est-elle fair play ?" sous-titre "la souffrance au travail". Dans ce billet (je le rattacherai aux autres ensuite), puisque on parle d'une émotion, d'un ressenti, je vais parler de MA souffrance au travail (faut bien commencer par quelqu'un !).

Par exemple, l'Université d'été du Médef dure mercredi, jeudi, vendredi. Je suis "blogueur invité" à jouer le jeu. Donc j'apporte mon matériel perso. Un ordinateur, son alimentation, un petit disque externe pour sauvegarder, un bloc pour prendre des notes, deux appareils photos (je préfère utiliser MES photos que celles des autres, coquetterie diront certains), des objectifs (ben oui, pour faire des photos) le tout dans deux sacs, un par épaule. Vous ne me croirez pas, mais le second jour au matin, mon dos était en vrac ! Douleur musculaire des dorsales aux lombaires, etc. Normal : 1) je ne suis plus très jeune, 2) ça fait une vingtaine de kg et j'ai pas mal crapahuté avec 3) j'ai le dos fragile mais ça on y reviendra. Donc : douleur.
Mais je suis blogueur invité, c'est à dire en congé, et la règle du jeu qui nous est proposée est la liberté totale de voir ou non, d'écrire ou non, de venir ou non.
Alors j'ai pris le temps de me décontracter le dos avant de venir bloguer. Ais-je souffert ? Non. Ais-je eu mal ? Oui. Si ça avait été un jour de travail normal, aurais-je eu mal ? Oui. Aurais-je souffert ? Ahhh, c'est là que ça devient intéressant ! Parceque si j'avais été obligé de travailler, par exemple à 8h pour l'ouverture du bar, là j'aurai indéniablement souffert ! Alors que si j'avais eu une barmaid pour "faire l'ouverture", j'aurais eu l'occasion de prendre soin de mon dos - comme j'ai fait en l'occurence - et je n'aurais pas souffert ! Pour reprendre le vocabulaire proposé pour cet atelier UE Medef, si l'entreprise avait joué le jeu qui permet à tout un chacun d'avoir de petits accidents de santé, je n'aurai pas souffert, alors que si elle n'avait pas joué le jeu, j'aurai souffert.
Par expérience, ce type de douleur dure de 1/2 journée à 3 semaines, selon qu'on arrive à l'arrêter tout de suite ou non. Et là où ça se complique, c'est que le matin, comme les plannings sont faits par avance, celui ou celle qui "ouvre" est seul donc non remplaçable "à la volée". Alors ? Alors, si - et nous sommes bien passés dans l'hypothétique - j'avais été planifié pour le matin, ma façon de jouer le jeu est de ne pas prendre de risque idiot la veille puisque je sais que j'ai le dos fragile. C'est à dire que si l'entreprise joue le jeu, je dois le jouer aussi. Et si je ne le joue pas - en étant peu prudent par exemple - alors, en cas de pépin, je souffre...
Si, à l'inverse, j'avais joué le jeu, mais que j'aie, en travaillant, en sortant les tables de la terrasse par exemple, un accident de dos, alors c'est l'entreprise qui est pénalisée car, en ne me permetant pas de me faire remplacer à la volée, ou en me demandant d'effectuer une tâche trop pénible, en cas de douleur, pour ne pas souffrir, justement, j'arrête de travailler, ce qui entraîne automatiquement une perte de chiffre d'affaire.
Bon, on est d'accord, c'est un exemple simple, voir simpliste, qui abouti à une conclusion néanmoins intéressante, assez complexe en fait. Notons que cette manière de poser le problème n'a pas été abordé dans l'atelier (normal, il n'y avait pas de "victime").
J'en retiens toutefois deux petites leçons : jouer le jeu, c'est assumer ses responsabilités, y compris face à un salarié qui peut avoir un accident de santé, et pour le salarié, c'est être responsable de lui-même, se gérer soi-même (ce qui revient au même).
Sur le même atelier, je vous suggère les billets de
- Bertrand Duperrin : avant l'atelier pour tenter de nouer un dialogue avec des internautes, et après, sous forme de compte-rendu synthétique.
- mon propre billet "pour décontracter" à propos des ostéopathes au Médef (une autre illustration)
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